Extension (routière) du domaine de la lutte...

Publié le par HONORE

La route comme extension du domaine de la lutte (désolé pour cette nouvelle référence à Houellebecq !).
Jusqu'au mois de juin, comme des millions de mes concitoyens urbains je prenais les transports en commun, le métro en particulier. Le métro, tu attends sur le quai, tu montes dans la rame, tu poses ton cul et t'attends tranquillement. Bon ok, on peut pas toujours le poser son cul, parfois faut rester debout, et supporter le « serrage de sardines » à l'oeuvre pendant les fameuses heures de pointe...

Avec la voiture, tu déplaces l'espace du serrage de sardines. L'oppression n'est pas directe, quand tu te retrouves dans un bouchon, ton corps n'est pas en contact direct avec les autres corps, comme dans le métro, chacun est protégé des autres, et à bonne distance, par l'armure que constitue la carrosserie de sa bagnole. Chacun croit être à l'abris de l'autre et peut même se permettre ce qu'il n'oserait faire s'il était en contact physique direct avec cet autre, comme par exemple faire « un doigt », ou un bras d'honneur pour les plus anciens... Bon certes, au prochain feu rouge, le type offensé peut sortir de sa « bulle » et venir te déloger de la tienne et te refaire le portrait comme on dit !

Non, décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume de la bagnole. L'espace de la route, c'est, malgré son fameux code, l'espace où se « lâchent » nos pulsions libérales parfois profondément enfouies. L'espace de la route, c'est cet espace libre, où, pour reprendre la fameuse métaphore, le renard libre entre dans le poulailler libre. Un espace où nous devenons tous des adeptes fanatiques d'Alain Madelin (non, j'exagère pas !). N'avez-vous jamais entendu dire de telle personne : « Lui c'est pourtant un type bien, mais il conduit comme un dingue ! Quand il a un volant entre les mains, c'est une autre personne ! » ? J'ai même un ami marxiste-léniniste convaincu qui sur la route se transforme en véritable renard ultralibéral !!!

La courtoisie au volant... Il y a une journée qui porte ce nom. Si si. Comme si c'était possible ! Moi, en fait de courtoisie, je vois plutôt des queues de poisson, des « collages au cul » insupportables, des envolées de klaxon et autres joyeusetés... Et surtout ce que ne supporte absolument pas l'irrascible automobiliste toujours pressé c'est l'hésitation. Essayez un peu de chercher votre chemin, d'hésiter entre deux directions, de ne pas démarrer au quart de tour au feu vert, vous entendrez vite monter la douce mélodie des « bip » et des « bip bip »...

Le summum de l'horreur est sans doute atteint aux heures de sortie des bureaux, entre 17 et 18 heures, un vendredi soir (début de week-end), c'est encore mieux.... Le centre ville congestionné, les artères urbaines et périurbaines complètement bouchées... Et je ne parle même pas de la quête du graal, la recherche désespérée d'une place de parking.

Non y a des fois, faudrait vraiment mieux laisser sa caisse au garage (si on en a un), et retourner partager les bonnes odeurs du métro !

Publié dans Vroum Vroum

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