Madeleine Peyroux, nouvelle Billie Holiday ?

Publié le par Nicolas Honoré

On dit d'elle qu'elle est la nouvelle Billie Holiday. Il y a tout juste 10 ans, en 1996, l'américaine Madeleine Peyroux sortait chez Atlantic son premier album intitulé "Dreamland".
 
 L'album commence par une ballade légère, "Walking after midnight", relevée d'un splendide solo de saxo. Puis la charmante Madeleine se prend à s'écrire à elle-même une lettre (son disque ?), dans le très beau "I'm gonna sit right down and write myself a letter". Un titre purement jazz ("Some fun out of live"), Madeleine greffe aussi des influences blues ("Hey sweet man"), et imprime à ses chansons des nuances, pop ou folk. Quelques titres faiblards ("Getting some fun out of live", la reprise peu convaincante de "La vie en rose" d'Edith Piaf) n'entachent pas l'ensemble de l'album qui est d'une très belle facture. Côté instruments, la diversité est de mise. Autour de la section rythmique (batterie -souvent jouée aux balets-, percussions, basse), des cordes (violon, guitare, dobro, banjo -ce dernier pour le très dixie-country "Was I ?"), des instruments à vent (trompette, clarinette, accordéon), des claviers, un piano délicat... On notera la participation du guitariste de Living Colours, Vernon Reid, qui délaisse son répertoire funk-fusion-groove, pour un jeu de guitare des plus subtils.
 
Après huit années d'attente, Madeleine Peyroux sort enfin son deuxième album ("Careless love") en 2004.
 
 
 Pas de changement majeur dans les douze nouveaux titres, toujours un folk-jazz-blues mélancolique évoquant la grande Billie Holiday. A l'occasion d'un concert donné à Lille en octobre dernier auquel j'ai assisté (concert organisé par l'association "Jazz en Nord" -Marcq en Baroeul, la Neuilly de Lille- et lourdement sponsorisé par la boîte de pub Publicis, qui avait invité ses collaborateurs, ce qui donnait un public BCBG assez éloigné de la vie miséreuse de Billie Holiday !!, mais passons...), Madeleine a ponctué ses chansons de petits commentaires, indiquant ici le contexte sentimental d'une chanson, là le contenu politique d'un titre (comme "Don't wait too long", adressé au Parti Démocrate, pressé par la gentille Madeleine "de ne pas trop tarder" et de revenir vite aux affaires ! "W" appréciera !!!)

Ce concert était un vrai régal de douceur, de sensibilité, de finesse, aux antipodes du précédent concert auquel j'avais assisté au Grand Palais lillois, un concert de... Rammstein !

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