Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 00:00

Il y a trois ans, au lendemain du fameux 21 Avril (2002), j'écrivais un papier pour un webzine... Je reproduis ce papier traitant d'une élection dont le résultat est peut-être à rapprocher de celui d'hier soir...

 

 

 

 

20 heures. La nouvelle est tombée. Celui dont on craignait qu’il soit le « troisième homme » sera présent au second tour. Un point de plus que Jospin. 200 000 voix d’écart. Très peu. Mais le verdict des urnes est là : Le Pen a ses chances de devenir président. Président d’une république française (trop) bonne mère avec ses enfants. Le présentateur de France 2 nous avait prévenu. On allait avoir une grosse surprise. Le temps de se remettre, on réalise que l’on va devoir choisir entre Chirac et Le Pen… Entre « Super Menteur » et « Super Facho » comme disent les Guignols, entre la peste et le choléra, entre une crapule sans convictions et un vieux soudard fascisant.
Quelques minutes après les résultats, les mines déconfites des figures nationales du Parti Socialiste nous annoncent l’incroyable. C’est pas de gaieté de cœur, mais… il va falloir voter Chirac. Choisir la démocratie contre le péril fasciste. Voir des socialistes appeler à voter pour Chirac est un de ces moments surréalistes que cette soirée nous aura donnés à déguster !!!
On zappe sur les autres chaines, et partout ces faces livides… Et toujours les commentaires interchangeables des journalistes, sondeurs et autres commentateurs affolés, pour qui le tour était joué… Eh bien non, le peuple en a décidé autrement !!!
Le peuple, l’oublié des médias… et de la gauche… le populo, que la gauche a laissé tomber pour le fameux « bo-bo », le bourgeois-bohème des classes urbaines aisées…
Le bo-bo apeuré lui aussi…
Et le peuple, le « petit peuple d’en bas », qui a voté pour les « extrèmes »… Arlette et… Jean-Marie…
La soirée continue dans cet étrange climat, et peu à peu les médias rendent compte de mouvements de rue « spontanés », un peu partout en France, à Paris, et dans les « grandes villes de province »… dont ma bonne vieille ville de Lille.
Je lache alors ma télé et mes bières, et avec mon pote on décide d’aller voir ce qui se passe… En observateurs participants, disons...
Et là, le moins que l’on puisse dire, c’est que les personnes descendues dans la rue ne sont pas vraiment représentatives de la population ! Beaucoup de jeunes anti-fascistes (tendance « Ras l’Front »), et… et c’est tout. Quelques adultes égarés… Et par la conversation, on apprend que beaucoup de ces jeunes sont fort politisés, militants des sans-papiers, etc… Etudiants de Science-Po, de l’école de journalisme, de l’université de Lille 3, fac « gauchiste » qui fournit des bataillons d’anars et de militants de l’UNEF (note : je nuancerais cette affirmation aujourdh'ui ! -30 mai 2005).
Beaucoup de jeunes petits-bourgeois en somme…Une rhétorique anti-fasciste bien huilé, du genre Le Pen=Nazi…Des slogans dans le style « Le Pen, facho, le peuple aura ta peau… », « Et F comme Fasciste, et N comme Nazi »…Le cortège se dirige vers la place de la République, sous le regard bien-veillant des bourgeois du centre de Lille, perché sur leurs balcons, et attendris par « cette jeunesse qui ne manque pas de conscience politique » (entendu parmi le vacarme de la manif).Un petit arrêt et tous ces sympathiques étudiants repartent en direction de l’Hotel de Ville… Va-t-on avoir droit à un petit message de Martine, descendue de son beffroi pour apporter son soutien aux manifestants ?? On se rappelle alors avoir vu Martine dans la petite lucarne, tirer la tronche au milieu de ses amis, confortablement installés dans un studio de télé…Quelque part dans le cortège, de jeunes beurs crient « Le Pen-Sharon, a-ssa-sins !! Et halte au fascisme, et halte au sionisme !! ». L’anti-fascisme, fédérateur des toutes les luttes… Elle est où la Confédération Paysanne ??
Arrivés place de l’Hôtel de Ville, les militants commencent à se disperser…
De retour chez moi, je vois les images des manifs à la télé… Et je me demande si cela va avoir une quelconque influence sur « le petit peuple » des villes et des campagnes qui a voté pour Le Pen. J’en doute…

(E Tam Tam, Avril 2002)

Par HONORE - Publié dans : Politique
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /Avr /2006 13:02

Je peux difficilement ma pardonner ce retard. Et pourtant ça fait presque deux mois qu'il est mort. Je veux parler de Philippe Muray, le génial chroniqueur des "aventures" d'Homo Festivus, ce personnage contemporain, urbain, éminemment moderne, voire post-moderne, qui a noyé l'Histoire dans un monde de néo fêtes se déroulant dans un effrayant décor de carton-pâte... Oh certes, on pourrait dire, si on appliquait une grille de lecture politique désormais peu pertinente, que Muray était (devenu) une plume de droite. De toutes façons sans avoir la moindre sympathie pour ce camp (c'est mon cas), on ne peut pas non plus en avoir beaucoup pour l'autre (à moins d'être émoustillé par la flamboyance (!) de François Hollande -dit "Culbuto"- et de Ségolène -la Madone- !) Franchement, on a envie de dire, on s'en fout... Car le regard de Muray sur notre monde en mutation était d'une pertinence inégalée (à part peut-être par Soral et Houellebecq), et son style, son putain de style... Car c'était une vraie jouissance de lire ses écrits, moi je guettais inlassablement dans la presse un nouvel article, où je savais qu'il allait dézinguer avec tout son talent la dernière "avancée sociétale"... Eh bien je ne guetterai plus, car Muray n'est plus, emporté par un cancer (sûrement du poumon, vu l'amour qu'il portait à ses bonnes vieilles Gitane).

Je me souviens du choc de la "Sociologie du dragueur" du boxeur Soral (c'était au lycée), du choc du premier Houellebecq (bizaremment, je sais plus quand exactement), et du choc de la lecture des chroniques d' "Après l'histoire" de Muray (c'était... sous une tente dans un camping ! pendant l'été 99 ou 2000), où Muray racontait donc les aventures d'Homo Festivus, notre contemporain, que nous croisons tous les jours dans nos villes métropolitaines, cet homme nouveau qui déambule à rollers, qui est de toutes les néo fêtes du style fête de la musique, gay pride, techno parade, qui participe à ce que certains appellent "la judiciarisation de la société sur le modèle américain", ce bobo (bourgeois-bohême) qui revendique sa pseudo-différence, et qui se rebelle en masse (le "mutin de Panurge" dixit Muray)...

Mais Muray, c'est comme pour toutes les grandes plumes, plutôt que d'en parler, il faut le lire. Une façon aussi, comme on pourrait dire bêtement, de lui rendre hommage...

Par Nicolas Honoré - Publié dans : Mes lectures...
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /Avr /2006 12:55

A tous ceux qui apprécient l'indépendance, la pertinence et l'impertinence, la vraie, pas la fausse formatée, courez vite acheter le nouveau Soral (Alain de son prénom), l'auteur de la mythique "Sociologie du dragueur", et des dicos au lance-flammes ("Jusqu'où va-t-on descendre ?" et "Socrate à St Tropez").

Ca s'appelle "Chute -Eloge de la disgrâce", et c'est publié comme ses autres bouquins aux Editions Blanche, une maison d'édition de livres... érotiques !

Alain mon pozzo ICI

Son site

Par Nicolas Honoré - Publié dans : Mes lectures...
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Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /Avr /2006 12:50


Cette année est ma première année de post-étudiant. Ca fait bizarre. Après 5 années à temps plein et 2 années... disons d'intermittence ! ça fait bizarre de ne plus aller en cours... et à la cafet. Quoique pour cette dernière, j'avoue continuer malgré tout de la fréquenter occasionnellement ! Même si il faut bien reconnaître, les habitués me comprendront, que la néo cafet, eh ben c'est plus vraiment c'que c'était ! Comme dirait l'autre, c'était mieux avant... Oh certes, la cafet avant c'était cracra, elle était squattée par les adeptes de la cigarette qui fait rire, mais c'est dans cette cafet que j'ai notamment eu mes premières discussions enflammées avec celui qui allait devenir mon pozzo, je veux parler de Mister F.R, le génial autodidacte, l'informaticien un peu dérangé, ancien militaire (ça n'arrange rien), et champion du monde (enfin de la cafet, c'est déjà pas si mal) du lever de coude, les discussions donc autour des "stratégies de renseignement", qui recourent, n'ayons pas peur de le dire, au vol pur et simple de l'information (et dire qu'en cours un enseignant -tout de même pas dupe- nous disait que "90 % de l'information stratégique est disponible légalement"...). Tout cela pour dire que les vrais cours, le "off" en quelque sorte !, ne se faisaient pas en salles de cours, mais plutôt dans cette fameuse cafet...

Et puis à la fin de la dernière année universitaire, des travaux ont été entrepris dans la cafet, afin de la rénover, et donc de la rendre plus présentable. La cafet, haut lieu de décadence cannabico-éthylique s'il en était, est donc devenue une jolie cafétéria bien correcte, aux murs repeints avec des couleurs pastel, et surtout c'est désormais un "espace (entièrement) non fumeur"... Ah il faut la voir cette insipide néo cafet d'Hélène et les garçons (!), non fumeur (bientôt sans alcool ?), avec ses écrans plats et ses enceintes, diffusant d'insupportables clips de souplette Nostalgie-Nrj. Qu'on se le dise, la néo cafet est désormais ouverte aux petit-e-s étudiant-e-s -poil aux dents- bien proprets, il faut les voir ces demoiselles singeant l'attitude des étudiantes des campus anglo-saxons, qui prennent la pose comme dans toutes les "bonnes" séries, avec les bras croisés couvrant le porte documents ! La dernière fois que j'y suis allé, j'ai même vu des musulmanes voilées, c'est dire à quel point le lieu est devenu "hallal" (licite), correct, débarrassé de son aspect sulfureux !

On dit en général qu'avec de telles (magnifiques) mesures, on ne fait que déplacer le "problème"... J'attends qu'on me dise où il a donc été déplacé, afin que je m'y rende au plus vite ! En attendant, je conseille à ceux qui partagent mes préoccupations d'aller se replier sur le café à proximité (au pied de la tour près du pont), le bon vieux bistro qu'on appelle "Le Bleu". Là bas, c'est tout enfumé (avant qu'une loi scélérate n'interdise totalement de fumer dans tous les lieux publics), y a encore des bons "piliers" au bar, et le patron est toujours prêt à payer un coup aux clients sympathiques... En plus, y a de la bonne musique, du bon rock genre Led Zep ou ZZ Top...

Ceux qui voudront venir boire un coup avec moi savent désormais où me trouver !

Par Nicolas Honoré - Publié dans : Humeur
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Mercredi 12 avril 2006 3 12 /04 /Avr /2006 17:44

Je ne résiste à l'envie de vous faire découvrir ce grand artiste qu'est Itoura Moussongo, et qui aurait toute sa place dans le "worst of" de la Nouvelle Star ! Enjoy it !

(Allez aussi faire un tour sur son site, au graphisme ébouriffant... http://itouramoussongo.free.fr/)

 

 

 

Par Nicolas Honoré - Publié dans : Humour
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